Les chiffres

pipe fumeurLe cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus consommée mais, après une progression régulière jusqu’en 2003, tous les indicateurs sont désormais à la baisse.

Toutefois, les jeunes français restent parmi les plus consommateurs de cannabis en Europe.
Consommations (2005, 2007, 2008)
41.5% des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis et 6.5% sont des fumeurs réguliers de cannabis.
À 17 ans, en 2008, la proportion de consommateurs est nettement plus élevée que chez les adultes et concerne, comme pour tous les produits illicites, davantage les garçons que les filles. Après avoir régulièrement progressé, tous les indicateurs de consommation sont à la baisse, à cet âge, depuis 2002-2003.
Bien qu’en recul par rapport à 2003, la consommation de cannabis des jeunes Français âgés de 16 ans demeure à un niveau élevé en Europe en 2007.
Les dernières données relatives à l’expérimentation chez les adultes remontent à 2005 : près de 3 personnes sur 10 (32.8 %) étaient concernées. La consommation régulière, nettement moins fréquente, était de 2,1 % ; concernant, là encore, plus les hommes que les femmes (3,4 % contre 1,0 %).
Soins (2008)
32 000 consommateurs de cannabis accueillis dans les structures spécialisées en addictologie.
Ce nombre comprend des personnes (à 80 % des hommes) faisant un usage intensif de cannabis et d’autres qui le consomment de façon occasionnelle. Les plus jeunes consommateurs sont généralement accueillis dans les « Consultations jeunes consommateurs » qui dépendent le plus souvent d’un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
Le nombre total de personnes vues par un professionnel du soin pour un problème de cannabis est sans doute supérieur à 32 000, des consommateurs pouvant également être pris en charge dans certains hôpitaux sans centre spécialisé mais disposant de consultations ambulatoires en addictologie ou d’équipes de liaison en addictologie et en médecine de ville.
Plus de la moitié des personnes vues pour un problème de consommation de cannabis dans les CSAPA est adressée par la justice à la suite d’une interpellation pour usage de cannabis.
Mortalité (2002/2003)
Conduire sous l’effet du cannabis multiplie par 1,8 le risque d’être responsable d’un accident mortel de la route.
Ce risque est multiplié par près de 15 en cas de consommation conjointe d’alcool. Le nombre annuel de décès suite à un accident de la route imputable au cannabis est estimé à environ 230 tués dans l’année sur une base de 6 000 accidents mortels.
Si de rares études évoquent l’existence d’une surmortalité des usagers de cannabis par rapport aux non usagers, il n’a à ce jour pas été possible d’établir le rôle causal du cannabis dont l’usage est par ailleurs lié à d’autres prises de risques (sexuels, autres consommations…). La responsabilité de cette substance dans certaines pathologies est cependant avérée, en particulier dans le cancer du poumon dont l’usage du cannabis multiplierait le risque par 3.
Autoculture (2005)
200 000 usagers ayant recours à l’autoculture au moins occasionnellement (dont 80 000 utilisent exclusivement l’autoculture)
En 2005, 5 % des personnes âgées de 15 à 64 ans ayant consommé du cannabis dans l’année déclarent se procurer de temps en temps du cannabis en ayant recours à l’autoculture. La pratique de ce phénomène clandestin sous ses différentes formes (en plein air ou culture dite « en placard ») paraît en nette augmentation depuis une dizaine d’années.

culture cannabis

Interpellations (2009)
122 439 interpellations pour usage de cannabis (dont 15 302 pour usage-revente et trafic de cannabis).
Les interpellations pour usage de cannabis, en léger recul par rapport à 2008, représentent toujours environ 90 % des interpellations pour usage de stupéfiants. Leur nombre a été multiplié par cinq depuis le début des années 1990. En dehors des affaires d’usage, les services de police et de gendarmerie ont effectué 15 258 interpellations pour usage-revente et trafic de cannabis.
Saisies (2009)
60 tonnes de cannabis saisies.
Les saisies de cannabis en France sont essentiellement composées de résine. Les quantités annuelles saisies fluctuaient autour de 60 tonnes depuis le milieu des années 1990. Elles ont augmenté jusqu’à atteindre près de 110 tonnes en 2004 en raison surtout de saisies exceptionnelles. Ces grosses prises semblent avoir conduit les trafiquants à rechercher de nouvelles voies d’approvisionnement et de mode de transport, expliquant la baisse des quantités saisies depuis cinq ans.
Prix et pureté (2009)
5 € pour un gramme de résine, 7 € pour un gramme d’herbe.
Entre 1996 et 2008 la résine a perdu un quart de sa valeur et le prix du gramme d’herbe a été pratiquement divisé par deux. Depuis deux ans ces prix ont tendance à se stabiliser, voire à augmenter légèrement. Le taux moyen de THC (principe actif) est d’environ 10% pour la résine et de 8 % pour l’herbe.
_______________________________________

Issu de drogues-info-service.fr, janvier 2011

Les commentaires sont fermés.