Une nouvelle façon de lutter contre l’obésité ?

L’obésité est aujourd’hui un problème de santé mondiale, une épidémie qui gagne non seulement les produits riches industriels mais aussi de nombreux pays émergents. Malheureusement les traitements sont peu nombreux, leur efficacité est limitée et souvent coûteux.

Le moyen le plus sûr de lutter contre l’obésité c’est de changer profondément son mode de vie : manger sain et équilibré, ne pas grignoter et pratiquer régulièrement une activité physique.

Les chercheurs sont nombreux à multiplier les recherches pour trouver de nouvelles solutions de lutter contre ce problème.

Récemment une équipe de l’Institut Salk à San Diego a mené une étude sur l’effet de différentes périodes de restrictions alimentaires associées à différents types de régimes alimentaires. L’étude a été conduite sur 400 souris, de poids normal ou obèses. Ces souris ont été soumises à plusieurs types de régimes alimentaires: normal, riche en graisses (HF), riche en fructose (HFr), riche en graisses et en saccharose (HFS). Les accès à la nourriture ont aussi été diversifiés : 9h, 12h, 15h ou ad libitum (à volonté).

Après 12 semaines de régime, les souris HFS ont augmenté leur poids corporel d’au moins 20%, ainsi que celles qui mangent à 9h (+21%) alors que pour le groupe ad libitum la prise de poids est deux fois plus importante (+ 42%).

Les scientifiques ont également constaté une hausse de la prise de poids avec le régime HF : +26% avec l’accès alimentaire à 9h, +43% à 15h et +65% ad libitum.

Pour les souris obèses (à cause de l’alimentation HF), le changement à une PLT ne modifie pas le nombre de calories qui sont consommées mais une perte de poids a été constatée :

  • Le passage de 13 semaines d’alimentation sans restriction à 12 semaines de PLT entraîne une baisse de 5% du poids corporel
  • La transition du régime de 26 semaines d’alimentation sans restriction à 12 semaines de PLT provoque une baisse de poids d’environ 12%.

L’équipe a également découvert (grâce aux analyses par IRM) que la différence de poids corporel découle d’une perte de masse graisseuse. D’autres expériences ont démontré que les souris soumises à une PLT tolèrent beaucoup mieux le glucose, l’homéostasie du cholestérol et ont de meilleurs marqueurs inflammatoires.

Néanmoins ils ont constaté qu’au-delà d’un délai de 12h et quand l’accès alimentaire est autorisé pendant 15h, les bénéfices de la restriction sont beaucoup moins importants.

Les résultats de ces expérimentations démontrent qu’il est possible de lutter contre l’obésité et tous les problèmes physiologiques associés grâce à une alimentation limitée dans le temps. L’équipe va maintenant travailler sur le potentiel guérisseur des régulateurs métaboliques et circadiens. En effet, les facteurs qui ont des impacts sur la balance énergétique sont multiples et ont des degrés d’influence variés.

Une fois ces recherches terminées, il faudra confirmer que ces travaux sont applicables et efficaces sur l’être humain.

Photo d'une jeune femme enrobée qui mange doucement une assiette de salade composée de légumes frais

 

Sources :

http://www.sf-nutrition.org/page/actualites-et-veille-en-nutrition/54-actualites-en-nutrition-archives.html

Article d’origine : Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges. Chaix A et al. Cell Metabolism. Volume 20, Issue 6, p991–1005, 2 December 2014.

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