Cocaïne et sida : nouveau signal d’alarme

Nul besoin de rappeler les risques liés à la consommation de cocaïne et l’absence de protection lors de rapports sexuels. Il n’existe toujours pas de moyen de soigner le sida alors ne soyez pas imprudent et n’oubliez pas votre protection !

La consommation de drogues et la contraction du virus du sida sont étroitement liées, notamment à cause de la saleté des aiguilles utilisées qui ne sont jamais désinfectées. On sait que l’héroïne favorise la propagation du sida justement à cause des seringues. Mais apparemment l’usage de la cocaïne serait aussi un facteur favorisant la transmission du virus.

Jusqu’à présent, les épidémiologistes considéraient que les cocaïnomanes avaient plus de chances de contracter le VIH à cause de leurs pratiques à risques avec la drogue et leur très nette tendance à ne pas se protéger pendant les rapports sexuels.

Image en noir et blanc de cocaine sous forme solide, avec un briquet et une seringue
Mais de récentes études réalisées en laboratoires tendent à prouver que la prise de cocaïne favorise directement la transmission du VIH dans l’organisme : elle rend plus vulnérables certains globules blancs et les lymphocytes T. Hors ce sont les cellules du système immunitaire qui luttent contre les agents infectieux. Si elles sont affaiblies, de ce fait elles seront moins efficaces dans la lutte contre le virus.

Une étude menée in vivo sur une souris (BLT, dont le système immunitaire est très semblable à celui de l’homme) vient confirmer ces faits. Leur système immunitaire a été éliminé, puis les souries ont subi une greffe de cellules souches humaines (du sang, du thymus et du foie), ce qui les dote de lymphocytes fonctionnant comme des globules blancs humains.

Schéma représentant l'action de la cocaine sur le système immunitaire de souris qui ont subi une greffe de cellules souches humaines

Protocole de l’étude : après avoir doté les souris de cellules souches reproduisant un système immunitaire humain, les chercheurs leur ont administré de la cocaïne ou une solution saline pendant cinq jours. Puis elles ont reçu une injection de virus du sida, puis à nouveau la cocaïne ou la solution saline pendant 14 jours. Enfin, les souris ont été sacrifiées et leurs organes, analysés. – Ph. © Scientific Reports

C’est l’équipe du Dr Dimitrios Vatakis de l’université de Californie à Los Angeles (États-Unis) qui a injecté pendant cinq jours une dose de cocaïne à 19 de ces souris, et une dose de simple solution physiologique (sans effet) à 19 autres. Les souris ont ensuite reçu une injection de VIH, puis elles ont continué à recevoir leur injection quotidienne de cocaïne ou de solution physiologique pendant deux semaines.
Les résultats sont accablants: la présence de cocaïne favorise bien la diffusion du virus. Chez les souris ayant reçu une dose quotidienne de cette substance, à la fin de l’expérience, les concentrations de virus dans le sang étaient plus élevées. Seules 3 parmi ces 19 souris ne présentaient pas de niveaux détectables de VIH dans le sang, contre 9 souris parmi les 19 ayant reçu une injection inerte. Les biologistes ont aussi détecté dans le sang des souris “cocaïnomanes” une plus forte concentration d’ARN viral, produit par le VIH lorsqu’il se multiplie, signe que le virus se répand plus aisément dans leur organisme.

Enfin, les cellules immunitaires ont des réactions qui s’amenuisent en présence de cocaïne. Les lymphocytes T de type CD4 réagissaient de manière très atténuée, secrétant une trop faible quantité de cytokines, des messagers immunitaires fondamentaux pour organiser les défenses. Les lymphocytes tueurs (T de type CD8), n’étaient plus capables de tuer les cellules infectées par le virus.

Ces informations appellent encore plus à la vigilance. Comme si elle n’était pas assez dévastatrice, la consommation de cocaïne, en plus des nombreuses conséquences physiques, psychologiques et économiques, favorise donc l’infection par le virus du sida. On compte aujourd’hui en France plus de 450 000 personnes qui en ont fait l’usage au moins une fois au cours de l’année 2014 (dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies).

Source :
http://www.science-et-vie.com/2015/06/le-virus-du-sida-infecte-plus-facilement-les-consommateurs-de-cocaine/ 

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