Troubles du comportement alimentaire et risques de santé associés chez les étudiants

Les personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire ont des comportements caractéristiques qui les poussent à contrôler leur poids pour le maintenir le plus bas possible. La minceur extrême est une notion récurrente dans ces pathologies. La plupart du temps ce genre de troubles est très difficile à détecter et souvent quand le diagnostic est posé, la maladie est à un stade avancé. Il est difficile d’en déterminer la ou les sources mais ce que l’on sait c’est qu’ils apparaissent de plus en plus tôt, pendant l’adolescence notamment et qu’ils se renforcent entre 18 et 25 ans.

La progression de ces pathologies est particulièrement forte dans les universités des pays riches et développés, où l’on associe culturellement un corps svelte à un critère de réussite. Grâce à de nombreuses études réalisées ces dernières années, on sait que les TCA sont aussi reliés à d’autres problèmes mentaux comme le stress et la dépression, en particulier chez les filles. Ces troubles augmentent aussi les risques de comportements à risques comme le binge drinking et les consommations répétées de multiples drogues.

Le début de l’âge adulte est pourtant un moment crucial de la vie où il est primordial de prendre de bonnes habitudes en termes de santé, et pas seulement vis-à-vis de son alimentation. La population étudiante est fragile sur ce point, il est donc important de détecter les facteurs d’influence des TCA et d’apprendre à les prévenir puis les guérir.
Cette étude a été menée sur plusieurs campus universitaires en Haute Normandie, sur des étudiants de 18 à 25 ans grâce au site de santé Ta santé en un clic. C’est là que les volontaires ont répondu à un questionnaire multiple pour comprendre leurs habitudes de consommation alimentaire (les questions ont notamment permis de diviser les étudiants en groupes selon le domaine d’études).

Les questions portaient sur les habitudes alimentaires des étudiants (nombre de fruits et légumes consommés dans la journée par exemple) mais aussi sur l’activité physique quotidienne, la durée et la qualité du sommeil, la consommation de substances addictives (alcool, tabac, cannabis, autres…) et la cyberaddiction. Pour détecter les possibles TCA, c’est le test Scoff qui a été utilisé : si l’étudiant a plus de 2 oui lorsqu’il a répondu aux 5 questions, c’est qu’il risque de développer une pathologie de TCA (boulimie, anorexie nerveuse, hyperphagie…).

Jeune homme rond, qui sourit en mangeant une part de pizza

3.457 étudiants au total ont participé à cette étude et ont révélé les résultats suivants :
– 26.3% des étudiants ont été au moins une fois au régime
– ¼ des étudiants ont peur de perdre le contrôle sur ce qu’ils mangent
– 26.4% des étudiants avec un score positif au test Scoff sont des filles (contre 10.3% de garçons). Elles sont plus souvent victimes de ces problèmes parce qu’elles sont plus influençables par les facteurs environnementaux extérieurs (moins de confiance en soi et d’estime de soi). Mais les garçons ne doivent pas être négligés pour autant : le risque de développer une TCA n’est pas dû au genre.
– Les 2/3 des étudiants pratiquent une activité physique de 30 minutes par jour

L’étude révèle que les étudiants avec un score positif au test Scoff sont plus stressés et déprimés que les autres. Ils consomment plus d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, fument plus et ont plus de problèmes relationnels liés à l’alcool. Ce sont aussi des étudiants qui ont plus de problèmes de sommeil et de risques de développer une cyberaddiction. Ces problèmes et comportement à risques sont étroitement liés aux TCA au sein de la population étudiante.

Il est donc primordial de trouver des moyens de prévention et de détection des TCA pour les étudiants. Par exemple, un test Scoff pourrait être réalisé pendant une visite médicale ; des campagnes de prévention avec des informations sur les TCA et leurs conséquences pourraient être organisées sur les campus, etc…

Vous pouvez consulter l’article dans le Journal of Nutrition Education and Behavior, Volume 47, Number 5, 2015 ou en cliquant sur le lien suivant:

Eating Disorders and Associated Health Risks Among University Students

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