Le stress chez les étudiants

Dans les universités, les enquêtes sur la santé des étudiants se multiplient. Menées régulièrement par les mutuelles étudiantes, l’INPES ou l’Observatoire de la Vie Etudiante et des équipes de recherche, elles mettent en lumière le manque d’information sur l’état de santé actuel des étudiants. Ceux qui sont interrogés disent ne pas souffrir de problèmes de santé et se sentir bien, mais la majorité des enquêtes ne prend pas ou très peu en compte leur bien-être mental.

D’après les résultats des enquêtes les plus récentes, le stress est ressenti régulièrement durant une année universitaire, sur une période d’ au moins 15 jours de façon récurrente. Ceux qui avouent en être victimes se sentent honteux de ne pas réussir à le gérer seuls et hésitent à en parler. Selon la situation et la personnalité de l’étudiant, le degré de stress peut générer un coup de blues, une tristesse passagère mais peut aussi aller jusqu’à la dépression.

Etudiante travaillant au milieu d'une montagne de livres

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Malheureusement les sources de stress chez les étudiants sont très variées :

  • Le changement d’environnement et la solitude provoqués par un déménagement, un logement précaire, l’éloignement de la famille et des amis proches.
  • La pression économique générée par le coût des études (surtout si le milieu familial est modeste) et tous les frais universitaires annexes.
  • Une ambiance de très forte compétition académique, surtout dans les branches médicales comme les études de médecine ou d’infirmier.
  • Des difficultés à nouer des liens sociaux.
  • La peur d’un avenir professionnel précaire.
  • Un manque de temps libre et de ressources pour des loisirs.

Les conséquences sont différentes selon les individus, mais on retrouve souvent les mêmes éléments :

  • Les étudiants consomment plus d’alcool et plus souvent.
  • Les fumeurs de tabac réguliers augmentent leur consommation et les non-fumeurs se mettent à fumer occasionnellement.
  • L’usage de cannabis et d’autres drogues (ecstasy, méthamphétamines…) qu’il soit ponctuel ou régulier, est plus fréquent.
  • L’isolement social peut se renforcer par l’absence de sorties en groupe et l’essor d’activités solitaires (jeux en ligne, films et séries en streaming).
  • Une baisse, voir une absence d’activité physique (le sport est un bon moyen d’évacuer son stress et d’améliorer son moral).
  • Un dérèglement de l’alimentation : du jeûne, des régimes restrictifs (volontaires ou dus à des problèmes financiers) ou une surconsommation d’aliments trop riches en gras ou en sucres.
  • Des problèmes de sommeil  (insomnie, difficultés à s’endormir…).
  • Des conséquences sur les résultats scolaires (baisse des résultats, absentéisme, baisse d’intérêt).
  • Une prise de médicaments (antidépresseurs, tranquillisants).
  • Des conduites sexuelles à risques : absence de contraception et de suivi, des oublis volontaires de préservatifs, pratique d’avortements…

Toujours selon les résultats des enquêtes, les filles sont plus touchées par ce phénomène que les garçons. Elles ont aussi une façon d’appréhender le problème différente : plus ouvertes au dialogue, elles vont plus fréquemment consulter un médecin ou un psychologue. De leur côté, les garçons sont plus réticents au moment de se dévoiler, en général leur première réaction est de s’alcooliser. Il est important de préciser que malgré ce constat il existe une tendance générale alarmante : de nombreux étudiants des deux sexes expliquent qu’ils n’ont pas pu consulter de médecin depuis des mois par manque d’argent (par exemple absence de mutuelle santé).

Le contact avec la famille est la principale source de protection et de bien-être des jeunes en situation de stress (ceux qui vivent le plus éloigné de leurs familles sont les plus stressés). Il faut essayer de maintenir le contact avec la famille et les amis proches autant que possible. Pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir rentrer chez eux régulièrement, il existe les départements de médecine préventive dans les universités mais il est aussi possible d’aller consulter des médecins généralistes et des psychologues près de chez soi.

happy students

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De plus, il existe de nombreux numéros de soutien et d’écoute gratuits selon les besoins (consulter l’annuaire sur ce site TS1C). Enfin, les étudiants sont de plus en plus nombreux à partager leur expérience sur des forums et à échanger des astuces pour réduire leur stress (préparation avant une épreuve, hygiène de vie, sport, loisirs, alimentation, médecines douces, exercices respiratoires…).

Article publié le 12 Août 2015

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