Dangers et devenir des cabines de bronzage

En France, les consommateurs d’UV en cabine sont nombreux. D’après l’enquête Edifice-Melanome de Roche, un français sur dix a déjà été exposé aux UV en cabine de bronzage… et le plus souvent de façon excessive: 8 à 9 séances au cours des 12 derniers mois.

cabine uvCette enquête soulève également des idées reçues puisque 13% des répondants déclarent que la cabine de bronzage apporte une protection contre le cancer de la peau. Or, les dangers du bronzage artificiel en cabine sont depuis longtemps démontrés.

Les résultats d’une étude de synthèse menée en 2007 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), indiquaient un risque accru d’apparition de mélanomes chez les utilisateurs de lampes à UV de moins de 35 ans. Ce risque était majoré de 75% comparativement à une population non exposée à cette lumière artificielle.

Par ailleurs, malgré la restriction de l’utilisation des cabines de bronzage aux adultes âgés de 18 ans et plus, ce sont 1,4% des adolescents qui ont déjà expérimenté cette pratique, en particulier les jeunes filles dont les parents sont des usagers.

Les cabines de bronzage UV étaient classées par le CIRC dans le groupe 2: « probablement cancérigène pour l’homme », avant d’être reclassées en 2009 dans le groupe 1 : « cancérigène pour l’homme ». Dans un rapport publié en 2010, l’Institut National du Cancer (INCa) concluait : « Les UV artificiels sont des agents cancérogènes certains pour l’homme, alors que l’exposition aux UV artificiels dans les installations de bronzage UV n’entraîne aucun bénéfice pour la santé et que les doses reçues dans les appareils de bronzage UV se cumulent à celles des expositions aux UV naturels ».

Le Syndicat National des Professionnels du Bronzage en Cabine (SNPBC) a approuvé la décision de durcir la réglementation sur l’usage des cabines, émises il y a maintenant un an par la ministre de la santé. Le SNPBC avait ainsi formulé en particulier 5 propositions:

  • Informatisation obligatoire des fiches clients (âge, nombre de séances, suivi)
  • Renforcement de l’information aux usagers (prévention, compréhension des risques)
  • Application des normes européennes visant l’amélioration de la formation des personnels des centres de bronzage en cabine
  • Amélioration du contrôle des machines
  • Interdiction des forfaits illimités et des abonnements permettant de dépasser le nombre de séances conseillé.

Par ailleurs,  l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l’environnement et du travail (Anses) qualifiait le durcissement de la réglementation comme « une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour leurs utilisateurs ». L’Anses avait ainsi été plus loin en recommandant « la cessation, à terme, de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels et de la vente d’appareils délivrant des UV artificiels à visée esthétique. »

Voici ainsi quelques éléments de réflexion sur les pratiques de bronzage en cabine… en attendant la décision des autorités.

Sources :
  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Avis de l’Anses relatif à un projet de décret concernant la vente et la mise à disposition du public de certains appareils de bronzage utilisant des rayonnements ultraviolets. décembre 2012.
  • Exposition aux ultraviolets en cabine : habitudes et pratiques de la population française. F. Grange et al.  2012.
  • Bronzage en cabine: décret dur à l’horizon. Option/Bio, volume 23, issue431, novembre 2012, page 7.
  • Adolescents et bronzage artificiel. Tella E. et al. Journées Dermatologiques de Paris 2012.
  • Pourquoi faut-il taxer le bronzage en cabine? Une proposition de la Sécurité Solaire, centre collaborateur de l’OMS. Boniol M. et al.  La presse médicale, 2010; 39: 1236-1237.
  • The international agency for research on cancer working group on artificial (UV) light and skin cancer. The association of use of sunbeds with cutaneous malignant melanoma and other skin cancer: a systematic review, Int. J. Cancer 120-5 (2007) 1116-1122.

 

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