Trop d’oméga 6, pas assez d’oméga 3 : davantage d’obésité ?

Des chercheurs français (INRA-CNRS) ont évalué sur des souris les effets d’un régime déséquilibré en lipides sur le développement de l’obésité. Les souris ont été soumises soit à un régime classique (STD), soit à un régime dans lequel la proportion de graisses totales (35 %) correspond aux recommandations de l’Afssa, mais où le rapport ω6/ω3 est de 28 (au lieu de 5). Ces souris ont été reproduites entre elles, les descendantes ont été soumises au même régime que leurs parents, et ce sur 4 générations. Alors que les souris STD ont maintenu leur poids constant au fil des générations, celles ayant reçu le régime riche en ω6 ont progressivement augmenté leur masse adipeuse de génération en génération. Cette prise de poids s’explique à la fois par une multiplication et une augmentation de taille des cellules grasses. Par ailleurs, les souris présentaient une altération du niveau d’adipokine et une résistance à l’insuline, premier pas vers le diabète de type 2. Le régime riche en ω6 est donc impliqué dans le développement de l’obésité qui, en outre, s’aggrave au fil des générations. Les gènes, dont le fonctionnement est modifié par un apport lipidique inadéquat, conservent ces modifications, même lorsqu’ils sont transmis à la génération suivante, qui sera prédisposée à l’obésité.

Massiera F, et al. J Lipid Res 2010 ; 51 : 2352-61..

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Extrait de Nutri-doc N°88 – Décembre 2010

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